CODITOGO – Conférence de presse du 27.12.18

DECLARATION LIMINAIRE

Merci d’avoir répondu à notre invitation à cette rencontre à la veille des fêtes de fin d’année. Je souhaite la bienvenue en particulier à nos amis du Cameroun, de Djibouti, de Guinée, du Tchad, …, dont la présence souligne la dimension panafricaine de la revendication à l’autodétermination des peuples africains. Dans le communiqué appelant à cette conférence, nous avons exposé de manière synthétique le contexte togolais. Nous partons de l’hypothèse que vous êtes bien informés de la situation du Togo et nous n’allons donc pas nous attarder à vous la détailler. Nous répondrons à vos demandes éventuelles de précisions ou de développement.

Plutôt que d’appliquer la feuille de route d’une CEDEAO qu’il a lui-même sollicitée, le gouvernement de Faure Gnassingbé s’est entêté à essayer d’organiser seul, des élections frauduleuses ce jeudi 20 décembre. Les Togolais lui ont répondu en lui administrant une gifle retentissante ; les bureaux de vote sont restés désespérément vides dans tout le pays au point qu’ils ont dû fermer avant la fin du scrutin. Pour reprendre les mots d’une structure de médias bien connue, « il y avait plus d’observateurs et de membres de bureau de vote que d’électeurs »

En effet, refusant de tomber une nouvelle fois dans le piège des élections frauduleuses, le peuple togolais s’est clairement exprimé en restant à l’écart de la mascarade de ce 20 décembre. C’est le lieu de rendre un hommage appuyé à la Coalition 14 pour sa perspicacité dans la lecture des enseignements tirés des évènements de 2005, appelant le peuple togolais à rester chez lui le jour du vote.

Sans verser dans une bataille de chiffres, les chiffres avancés çà et là parlent d’eux-mêmes ; suivant les estimations les plus généreuses, seuls 15% des électeurs se sont déplacés.  Ce qui veut dire qu’au minimum plus de 85% des Togolais ont suivi les mots d’ordre des organisations démocratiques et manifesté une nouvelle fois, leur rejet de cette dictature.

Le désaveu est cinglant, n’en déplaise aux thuriféraires du régime qui contre toute évidence, proclament des chiffres farfelus que nous rejetons comme nous rejetons tout ce qui émane d’une CENI discréditée et disqualifiée. Il n’y a qu’au Togo que le taux de participation à une élection n’est connu que des jours et des jours après être passé par les fourches caudines des experts en fraude.

CODITOGO peut l’affirmer ; il n’y a donc pas eu d’élections démocratiques au Togo ce 20 décembre 2018. Nous ne reconnaissons aucun des prétendus députés élus au terme de cette mascarade. Ces prétendus élus, ne sont pas obligés de l’accepter ; tous ceux qui sont vraiment républicains parmi eux doivent démissionner, avant même d’entrer dans l’hémicycle. C’est ce à quoi CODITOGO les invite ardemment.

Le gouvernement togolais doit tirer toutes les leçons de ces législatives ratées et cesser de provoquer le peuple en prétendant que le RPT-Unir et ses satellites ont gagné 100% des sièges.

A-t-on jamais vu dans l’histoire des démocraties voire des dictatures un parti gagner 100% des sièges au terme d’une élection ? C’est ce que le parti qui dirige le Togo vient de montrer à la face du monde. Quelle ignominie, vraiment !

Quant au rôle de la CEDEAO, tout au long du processus de règlement de la crise togolaise, on ne peut que constater son inefficacité quand ce n’est pas sa complicité avec le pouvoir RPT-Unir. Car comment expliquer que son intervention dans la crise togolaise se solde par le maintien du pouvoir RPT-Unir ? Comment expliquer qu’elle ait laissé sans rien dire, le pouvoir RPT-Unir s’asseoir sur la feuille de route des chefs d’état. Comment expliquer qu’elle se précipite pour qualifier cette mascarade électorale d’élections transparentes, comment expliquer tout cela si ce n’est par le constat que la CEDEAO a agi en syndicat de chefs d’états prêt à se soutenir les uns les autres y compris contre la volonté des peuples. Nous récusons la CEDEAO, syndicat de chefs d’état et appelons à la CEDEAO des peuples.
D’aucuns pensaient que la CEDEAO allaient mettre les pieds dans les plats, elle les a même cuisinés, réduisant la Commission à néant, et mettant fin à la facilitation brusquement. Ce n’est pas plus mal car cela a le mérite de la clarté et enseignera dorénavant au peuple togolais de plus nourrir d’aucun espoir vis-à-vis d’aucun instrument, qu’il soit sous-régional ou continental.

CODITOGO félicite le Peuple togolais pour sa lucidité et l’engage à intensifier ses protestations jusqu’à la satisfaction pleine et entière de ses revendications légitimes qui restent intactes comme au premier jour ; retour à la Constitution de 92, vote de la Diaspora. A l’unisson, le mot d’ordre du Peuple togolais est dorénavant RESISTANCE !

CODITOGO réitère aussi ses exigences de la libération de tous les prisonniers politiques et de la levée de sièges des villes assiégées dans le septentrion.

CODITOGO prend à témoin le monde entier de la duplicité et du cynisme du régime RPT-Unir. La démonstration est faite pour ceux qui en doutaient encore, que le gouvernement de Faure Gnassingbé n’est pas celui qui fera les réformes réclamées par le peuple et consignées dans la feuille de route de la CEDEAO.

C’est pourquoi CODITOGO réitère sa demande d’un gouvernement de transition capable de mettre en œuvre les réformes et de sortir le Togo de l’ornière dans laquelle le processus de dialogue l’a conduit.

Pour finir, CODITOGO lance un appel pressant pour une rapide concertation de toutes les forces démocratiques et des organisations de la société civile et de la Diaspora togolaise, pour l’élaboration de stratégies unitaires dans la poursuite de la lutte du Peuple togolais.
Elle sollicite l’appui de toutes les organisations de la Diaspora africaine qui luttent pour l’autodétermination des peuples africains.

Fait à Paris, le 27 décembre 2018

CODITOGO

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