Peuple Togolais, démystifie ce régime et poursuit ta lutte pour briser les chaînes de la dictature

Chers camarades combattants pour la liberté, chers compatriotes ;
Au lendemain du 20 décembre 2018, je voudrais avant toute chose, adresser toutes mes félicitations au vaillant peuple Togolais, pour avoir, comme un seul homme, exprimé de diverses manières, le rejet systématique de cette dictature cinquantenaire qui nous hante. Vous avez été sincères et cohérents envers votre esprit et votre âme qui continuent de militer pour la démocratie, la liberté et l’État de droit auxquels nous aspirons tous.

Pour mémoire, l’indépendance qui avait été proclamée le 27 avril 1960 n’a pas été obtenue à la claquette de doigts ni en un seul jour. Ce fut le fruit d’un long cheminement.
Ceci pour nous rassurer que rien n’est perdu. Au contraire. Nous sommes sur la bonne voie; le jour de gloire arrive. Et ce sera au bout de nos efforts collectifs, sans distinction ni considération aucune.

Il est bien vrai que le débat se poursuit à tous les niveaux autour de ce qui a été et ce qui n’a pas été, et c’est de bon aloi.
Je n’ai pas été du tout surprise par ces élections législatives et leurs tristes réalités.

Pour une fois, il ne sera plus question de tel ou tel à accompagner un dictateur à une élection donnée.
Je dirai plutôt que je me réjouis d’avoir senti l’émancipation et la maturité politiques tant attendues pour notre peuple.
J’ai aussi remarqué la portée de la voix de la communauté religieuse et traditionnelle, une voix qui a été déterminante et qui d’ailleurs nous interpelle à nourrir L’ESPÉRANCE POUR LE TOGO.

Cette lutte qui doit se poursuivre avec ardeur, abnégation, engagement et détermination, ne peut plus être une lutte partisane, mais une lutte patriotique où le TOGO D’ABORD est le leitmotiv.

Il s’agit d’une nouvelle marche où nous sommes appelés à prendre en compte toutes les sensibilités. Et pour y arriver, nous devons enlever les frontières et barrières politiques qui insèrent une lutte partisane dans une lutte patriotique nationale. Cela nous permettra de quitter l’amateurisme qui caractérisé la lutte depuis, pour le professionnalisme gagnant qui va mettre le TOGO EN MARCHE.

Nous devons pour avancer, nous appuyer sur la compétence de chacun, et surtout libérer l’énergie de la jeunesse afin qu’elle s’exprime pour faire parler son sentiment, son point de vue, sa voix. Ceci va nous permettre de réveiller en elle, la capacité d’assurer la relève qui s’impose.

Nous devons proscrire les attaques gratuites des points de vue véridiques venant des auteurs que nous faisons facilement passer pour des serviteurs de la dictature. Ce comportement fragilise la lutte et étouffe ces libres penseurs qui en réalité, contribuent à éveiller les consciences.

Nous devons pouvoir prêter oreille à tout point de vue, l’analyser pour en sortir l’essentiel utile au profit de la lutte.
Nous devons cesser le MAZIN MAZIN qui fait de nos images de visite aux personnalités, un trophée de guerre exhibé dans un vide où la dictature se renforce.
Ce ne doit plus être une lutte du MOI. La lutte doit désormais appartenir à ceux qui peuvent et non ceux qui doivent. Nous devons exclure PARTI D’ABORD, MOI D’ABORD, LEADER D’ABORD pour aller à TOGO D’ABORD.

Mes chers compatriotes, l’heure n’est pas au regret de quelque résultat que ce soit. La lutte continue. Nous ne devons nullement nous résigner ni baisser les bras. Nous le savons tous que certains considèrent notre pays comme un bien personnel. Et ceux-là se prennent pour des incontournables à tous les niveaux.

Cette considération ne doit en AUCUN CAS servir d’arguments pour rester spectateur du déluge que prépare la dictature cinquantenaire, un déluge qui fera mal à tous si nous faisons preuve de résignation.

Nous devons ouvrir nos bras pour accueillir les aigris du RPT/UNIR et tous ceux que nous rejetons parce qu’ils ont servi une fois le pouvoir. Si Saul est devenu Paul, nous devons cultiver l’acceptation mutuelle et réserver un accueil chaleureux sans méfiance quelconque à ceux qui quittent l’autre barque pour rejoindre la lutte. Leur présence et apport sont d’une utilité capitale. Nous devons donc éviter de ressasser le passé, remuer le couteau dans la plaie et rappeler aux uns et aux autres, un quelconque rôle joué hier pour aider, accompagner ou servir la dictature. Nous devons aller de l’avant en capitalisant toutes les énergies pour que la lutte soit achevée sur une cadence basée sur le collectif.

Surtout et surtout abandonner le culte de la personnalité et nous mettre à l’évidence que chaque acteur constitue la solution à cette longue crise. Nous devons nous unir autour de tout idéal susceptible de nous sortir de cette dictature cinquantenaire incarnée par un homme fort, au détriment d’institutions fortes impulsées par un peuple souverain, peu importe l’identité ou l’appartenance politique, religieuse et régionale de la personne qui l’incarne.

La lutte populaire est invincible.

Avulété

Lily Massan GNININVI

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