Ces probables propositions de la CEDEAO

La grande question qui taraude les esprits, c’est celle de savoir ce que la CEDEAO proposerait comme solution de sortie de crise aux protagonistes de la crise sociopolitique qui déchire le Togo depuis plusieurs décennies. Cette question se pose surtout à cause des approches que projettent les pas que le syndicat des chefs d’États de l’organisation posent. Attendus ce jour à Lomé pour une ultime rencontre avec la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition et le RPT/UNIR, les facilitateurs sont forcément porteurs de propositions à soumettre aux acteurs et discuter avec eux des possibilités et conditions de mise en oeuvre. Cette feuille de route qui sera présentée aux chefs d’États de la CEDEAO au prochain sommet de l’organisation ne peut l’être sans en toucher un mot aux acteurs.

De quoi peut-il s’agir? La question se pose sans relâche.

Des informations fusent de partout, chacune annonçant des approches qui seraient en faveur d’un camp ou d’un autre, suivant l’angle sur lequel on se positionne pour observer, analyser ou supputer.

Plusieurs schémas se dégagent mais avant il faut souligner que Faure Gnassingbé dit haut et fort à qui veut l’entendre que la question de sa candidature en 2020 ne concerne que lui et c’est à lui seul de décider de ce qui sera fait. Aussi rejette t-il la possibilité d’amnesty que présente la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition qui s’engage à ne pas procéder à une chasse aux sorcières. Selon ses émissaires notamment Gilbert BAWARA, ils n’ont rien fait de mal pour s’attendre à un quelconque Amnesty.

La coalition des 14 partis politiques, dans ses approches, se dit à tous les niveaux, être prête à discuter des conditions de départ de Faure Gnassingbé. Le schéma d’une transition politique à laquelle adhère la société civile notamment le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) semble avoir l’adhésion de la Coalition des 14 sauf que les positions se rétractent au niveau de la problématique de qui pour conduire la transition. À cette question, la Coalition des 14 reste intraitable. Tout sauf Faure Gnassingbé. Le FCTD pense qu’on peut accorder le
bénéfice de doute à Faure Gnassingbé pour conduire cette transition, avec un premier ministre qui sera désigné au sein de l’opposition. Le choix d’une personne neutre est aussi envisagé à ce niveau. Cette position ne fait pas l’unanimité avec la diaspora notamment CODITOGO qui pense que la transition doit être dirigée par une personnalité neutre qui répondra à des critères qui seront énoncés dans une charte qui va servir de guide pour la transition. Pour la diaspora, la méfiance ayant atteint son paroxysme, inutile de demander au chat de garder ou surveiller une viande qui le fait déjà saliver.

L’autre question aussi sur le tapis concerne l’armée togolaise, cette armée partisane qui tabasse à tout gré, les populations Togolaises devenues esclaves dans leur propre pays. Une force d’interposition est exigée par la diaspora qui ne veut pas revivre les tristes scènes que cette armée a offerte au monde entier, lorsqu’elle est intervenue pour mettre fin à la transition de Maître Joseph Kokou Koffigoh, aujourd’hui considéré par plus d’un, comme un traître.

Sur la question, certains souhaitent que le bénéfice de doute soit accordé à l’armée qui s’illustre malheureusement négativement depuis le début de cette crise.

La somme de tous ces aspects relayés ici en termes de positions de chaque acteur sur chaque sujet, conduit donc à déduire la probable approche qu’envisagerait la CEDEAO, pour aider à régler ce cas atypique du Togo.

La solution envisageable de cette CEDEAO serait liée à l’organisation des élections en 2020 avec Faure Gnassingbé comme candidat, aux côtés bien-sûr de la C14, la société civile et aussi la diaspora. En dehors de cette solution qui serait dans l’agenda de la CEDEAO, il serait aussi question de convaincre, tout comme en 2005, la C14 à prendre part à ces élections auxquelles ne pourrait participer, Tikpi Salifou ATCHADAM et un autre leader membre de la Coalition des 14 dont nous préférons taire le nom pour des raisons particulières. L’autre raison qui sous-tendrait cette rencontre serait aussi relative aux mesures d’apaisement que le régime sanguinaire refuse de mettre en œuvre, surtout avec la poursuite
des exactions militaires sur les pauvres populations, les enlèvements, les emprisonnements etc.

Pour bien constituer les pièces manquants et avoir l’élément caché du puzzle, il suffit de reprendre les différentes interventions du président Français Emmanuel MACRON très traqué par la diaspora, et aussi les interviews des ambassadeurs, notamment celui d’Allemagne au Togo. Les élections constituent le point de croisement des différentes déclarations de ce qu’on peut appeler “communauté internationale”.

La question est maintenant de savoir par quel moyen et comment ces propositions suicidaires pourraient être servies surtout à la Coalition des 14 qui logiquement ne se retrouverait en aucune de ces propositions qui, si notre analyse est bonne, constituerait une trahison des aspirations profondes du peuple Togolais. Pour la chapelle de qui la CEDEAO prêcherait alors?

C’est le wait and see, en attendant le déluge.

Par Marcelle Apévi, togo-online.co.uk


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