A qui profite la marginalisation de la Diaspora togolaise?

Comment faire revenir les talents ?

… Une question de Republic of Togo!

27% de la population togolaise vit en dehors du Togo et plus de la moitié occupe un emploi. Chiffres communiqués lundi par des sources gouvernementales.

‘Le Togo souffre d’une pénurie de ressources humaines qualifiées due à l’immigration professionnelle. Les conditions sociopolitiques poussent les citoyens à partir à la recherche de meilleures conditions de vie et de travail’, a reconnu Kossi Kassegnin-Donko, du ministère de l’Emploi.

L’objectif est bien sûr de convaincre les Togolais candidats à l’expatriation de rester dans leur pays et à ceux qui sont à l’étranger – les cadres notamment – de revenir. Pas si simple.

C’est pourquoi, l’organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’OIT accompagnent le Togo dans un programme baptisé soutien à la libre circulation des personnes et à la migration en Afrique de l’Ouest.

Une façon de gérer les flux et de créer un cadre propice pour tous ceux qui souhaitent travailler dans la région sans contrainte de réglementation trop lourde pouvant conduire à l’échec. Un dispositif qui devrait permettre aussi aux autres ressortissants ouest-africains de venir travailler au togo.

Cette politique ne concerne pour le moment que les Etats de la Cédéao.

13/11/2017
Source: Site Officiel du régime

Flagrant délit d’hypocrisie

Plusieurs centaines de médecins togolais travaillent en France et dans le reste du monde après une formation au Togo suivie d’une courte spécialisation en Occident. Pendant ce temps, les cliniques et hôpitaux du pays sont transformés en véritables mouroirs avec une grave pénurie de personnel médical.

Dans les autres domaines dé l’économie, on constate une présence de compétences importées de l’étranger dans un pays que Macron déclare comme trop peuplé. Le site de Faure Gnassingbé annonce même un projet de recrutement de ressources des pays voisins (voir ci-dessus). Ils sont pourtant nombreux, les togolais de la Diaspora, désireux de rentrer contribuer au développement de leur pays. La question à se poser est celle de la volonté franche du pouvoir de Lomé 2 à collaborer avec les togolais de la Diaspora lorsque:

  • le site internet du pays est confié à un cabinet français;
  • l’élite militaire du pays est française;
  • les conseillers à la présidence sont des étrangers (France, Burundi, Rwanda…);
  • le port autonome est français;
  • le phosphate est israélien;
  • la brasserie est française;
  • le groupe Fan Milk est devenu Français…

Dans cet exposé lyrique, rempli d’une hypocrisie à peine voilée, le gestionnaire Français du site officiel du Togo, se demande comment inciter cette diaspora à rentrer… Le sujet porte à sourire quand on sait que le vide profite à un certain nombre d’individus dont l’auteur lui-même. Ce ne sont pas les maigres ressources et les rares initiatives du ministère des affaires étrangères qui combleront le fossé; le gouvernement de Faure est en train de tourner le dos à une diaspora qui risque de lui rendre à très court terme ce traitement méprisant…

L’Etat togolais connaît les revendications légitimes de la Diaspora; elle sait comment contribuer à les ramener à la maison. Arrêtons cette forme d’hypocrisie svp. Il serait peut-être temps d’arrêter de prendre les gens pour des cons…

La vraie question à se poser: Le régime en place au Togo a-t-il un intérêt dans le retour de la Diaspora? Si oui, pourquoi lui dénier le droit de vote?

Pour rappel, dans le cadre de sa stratégie en faveur de l’inclusion, la BAD a mis à la disposition du gouvernement togolais, en 2012, un montant de 0,5 million $, destiné à financer un programme sur le recours aux compétences et autres ressources de la diaspora. Ce programme s’est conclu par la tenue, en mars 2014, d’assises nationales sur la mobilisation de la diaspora togolaise, respectivement à Paris, Montréal et à Lomé. Les seuls résultats tangibles de ces forums furent la suppression du visa d’entrée pour les togolais de la diaspora…

Et pourtant le Togo affiche la 5e diaspora d’Afrique la plus généreuse en termes de transferts rapportés au PIB. En 2013, les transferts de fonds de la diaspora togolaise s’élevaient à 363 millions $, soit 9 % du PIB et une fois et demi l’Aide publique au développement (APD); en tenant compte uniquement des transferts “officiels”… Comment justifier dès lors cette mise à l’écart?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *