Togo: Les réformes constitutionnelles doivent s’opérer maintenant

La population togolaise a répondu massivement à la marche du 07/09/2017

La population togolaise a répondu massivement à l’appel lancé par la coalition des partis politiques (CAP2015, le Groupe des Six et le PNP), pour participer aux marches de contestation populaire des 6 et 7 septembre 2017, vis à vis de la non application par le pouvoir en exercice au Togo, des réformes constitutionnelles et institutionnelles telles que stipulées dans l’Accord de politique Global établi depuis 2006.

Après le succès indéniable de la marche du 06 septembre 2017, où des vagues humaines ont déferlé dans les rues de Lomé de Bafilo et bien d’autre villes du Togo, la marche pacifique de la population organisée par la coalition des partis s’est poursuivie ce 07 septembre 2017 avec la même vigueur, malgré l’impressionnant déploiement des forces de l’ordre ( Police et gendarmerie). La détermination de la jeunesse assoiffée de changement a atteint un tel paroxysme, au point où le communiqué du Conseil des ministres réuni en urgence le 05/09/2017 sur décision du chef de l’Etat, n’a pas suffit à faire baisser la tension populaire.

A Bruxelles, les manifestants qui ont envahi une partie du rond point Shuman, le coeur des institutions européennes (le Conseil de l’Union européenne et la Commission européenne) ont une fois de plus démontré leur ardeur , leur solidarité et leur soutien au mouvement.

Pour Philippe AMEDODJI, membre du Comité de Coordination de la Diaspora togolaise en Europe, ça fait 11 ans que le pouvoir en place promet de faire des réformes. Il n’a pas pu le faire et on peut croire en toute objectivité, qu’il ne le fera pas dans les trois jours à venir. Nous demandons à ce que ces réformes se fassent ici et maintenant. Ils ont pu en une nuit, convoquer l’Assemblée générale pour faire une série de choses qui devraient être faites en 2005. Nous estimons que si les autorités ont pris conscience de la mobilisation populaire, s’ils ont compris le message du peuple, ils pourraient le faire (les réformes ) en une journée et non d’attendre le faire aux calendes grecques. Il faut que la coalition des partis et la société civile qui se sont réunies, demandent à ce que les réformes soient faites. Ils doivent maintenir la pression pour que ces réformes se fassent maintenant et pas plus tard.

 

Pour Benissan Kayissan, membre de la diaspora togolaise et de la société civile, la pauvreté qui caractérise beaucoup de familles au Togo est notoire. « Il faut que le Président Faure Gnassingbé parte. On veut vraiment le changement, on veut aller jusqu’au bout. Nous sommes dans la révolution, nous sommes fatigués des « Gnassingbé », on a plus d’estime pour eux.

 

Selon Eloi Koussawo, Coordinateur du Mouvement du 05 octobre, les réformes institutionnelles et constitutionnelles doivent s’opérer. C’est la raison pour laquelle nous disons, ça suffit. Il faut faire en sorte que notre pays épouse aussi les règles démocratiques. Dans notre pays nous avons les délits de presse, délit d’opinion, …, il faut qu’on en finisse avec tout cela. Nous avons un peuple, des gens intelligents qui croupissent sous une dictature implacable. Il faut que cela cesse. Il faut que la démocratie comme dans d’autres pays, soit une réalité chez nous. Le peuple a soif de changement. 50 ans ça suffit.

 

D’après Josias Tsatsu,Directeur du journal Panorama, la population togolaise, les leaders politiques ont été désabusés pendant des années, par la léthargie volontaire de la classe dirigeante. La seule issue possible qu’exige le peuple, est que le Président de la République fasse une déclaration claire de la révision immédiate des réformes constitutionnelles et institutionnelles. La pression doit être maintenue. Il appartient dès lors au peuple qui est souverain, de prendre son destin en mains et de décider de ses actions à mener.

 

D’après Koffi Dohnani, Enseignant, Porte-parole du Comité de Coordination de la diaspora togolaise en Europe, le débat a évolué. Après 11 ans de manoeuvres dilatoires, d’inactions du pouvoir vis à vis des réformes, les attentes du peuple sont bafouées. Le débat n’est plus celui des réformes non tenues depuis 11 ans, le peuple demande le départ pur et simple du Président de la République Faure Gnassingbé.

 

 

Voilà une situation inattendue qui met dos au mur, la classe politique dirigeante. Une situation à laquelle elle n’a pas souvent été confrontée. Il va donc falloir mettre en application les réformes rapidement, pour garantir un minimum de crédit à cette classe , qui semble être vomie par son peuple . G.Z

 

Publié par Ghislain Zobiyo le 8 septembre 2017

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